Murielle Elizéon : le souffle inspirateur [en]

C’est un parcours exceptionnel que l’on découvre au cours de l’entretien, qui impressionne par son éclectisme. Murielle Elizéon, danseuse, chorégraphe, professeure et entrepreneure ne s’impose aucune barrière, aucune frontière ; à l’image de sa profession, sa trajectoire est en perpétuel mouvement, et poursuit une cadence rythmique impressionnante. Elle défie les lois qui prédisent un avenir tout tracé. Son parcours, c’est elle qui l’a choisi, au gré de ses rencontres.

JPEG

C’est à Nice que tout commence. Elle déclare au sujet de la danse qu’elle en a ‘toujours eu envie’. Après un parcours classique où elle partage son temps entre le monde de la danse et le milieu scolaire et universitaire, Murielle réalise qu’il ‘faut bien faire un choix’. Elle part ainsi à Paris pour se former aux métiers de la danse, et peut entamer dès lors sa carrière artistique, qui ne tarira jamais d’être en constante ébullition.

Peu importe les frontières. Après Paris, puis la Bretagne, elle débute ses premières expériences internationales. Elle poursuit sa formation pendant quelques temps en Argentine, à Buenos Aires et présente par la suite ses chorégraphies dans plusieurs compagnies européennes, en Belgique, en Suisse, au Danemark ou encore en Finlande. Elle danse aussi dans une compagnie en Allemagne, à Berlin, où elle rencontre à l’occasion son futur mari, d’origine américaine.

JPEG

C’est pourtant ‘un choix radical’ que Murielle et son mari ont fait il y a maintenant trois ans ; ils décident de s’installer avec leur fille Maya, 7 ans à Saxapahaw, un petit village en Caroline du Nord, à quelques minutes de la maison d’enfance de son mari. Après Paris, Berlin, Copenhague, cette décision tranche avec toutes ses précédentes expériences. Saxapahaw est un petit village de campagne qui abritait auparavant une fabrique de coton, désertée et laissée à l’abandon il y a quelques décennies et qui connaît depuis quelques années un développement phénoménal. Une opportunité immanquable pour celle qui voulait ‘voir sa fille grandir dans les arbres’. Saxapahaw est une véritable ‘bulle’, un havre de paix inespéré pour la bouillonnante Murielle. C’est ici, dans ce village sans maire, que la chorégraphe réalise ses projets artistiques. Il semble que pour la première fois, elle souhaite ‘s’enraciner’ durablement dans un lieu ; elle précise toutefois qu’elle veut continuer à ‘voir des branches se développer’ et continuer à s’inspirer du monde entier.

JPEG

Peu importe les barrières. En écoutant l’artiste danseuse, on découvre l’hybridité et le mélange de ses projets, qui mêlent la danse, la pédagogie, et favorisent la rencontre entre les artistes et le public. Elle est la co-fondatrice de Culture Mill, une association à but non- lucratif qui s’inspire des modèles européens. Culture Mill a pour ambition d’inviter des compagnies du monde entier le temps d’un séjour de résidence pour les impliquer un maximum dans ‘la communauté locale’ de Saxapahaw et de ses environs. L’environnement géographique et la participation de la communauté locale aux projets de Murielle Elizéon et son mari sont indissociables de leurs ambitions artistiques. L’association réalise par exemple des actions pédagogiques qui sensibilisent au monde de la danse : un projet est en cours avec le lycée des environs, dont l’objectif serait de faire ‘participer tous les élèves aux processus de la création contemporaine.’ Dans la même logique, un autre projet ‘Trust the Bus’ a rencontré un franc succès parmi la communauté rurale de la région qui n’était ‘à priori pas intéressée’ par ce genre de création.

Un grand défi pour Murielle Elizéon, qui souhaite voir Culture Mill s’inscrire comme une alternative entre ‘les grosses structures de dance’ en Caroline du Nord et des plus ‘petits projets locaux’. ‘Il y a beaucoup de travail à faire’ ajoute-t-elle. Mais la danseuse ne se laisse pas démonter par la difficulté, au contraire : aux Etats-Unis, ‘il n’y a pas de filets, il n’y a pas de subventions’. Ce sont les gens qui doivent porter leur projet de bout en bout. Ainsi, elle observe une ‘énergie individuelle plus grande’, des ‘gens plus motivés’. Elle ajoute qu’elle et son mari, et toutes les autres personnes impliquées dans Culture Mill, n’auraient jamais pu faire ce qu’ils ont fait en si peu de temps en Europe ; une aubaine pour l’infatigable artiste.

Dernière modification : 01/12/2016

Haut de page