Christian Amelot : une île française dans le Mississippi [en]

Chef cuisinier, amateur de motos, grand-père de trois petites filles, Christian Amelot partage son savoir-faire culinaire dans le Sud-Est américain depuis trente ans.

S’il est une chose que Christian Amelot connaît très bien, c‘est la nourriture. Au-delà de la cuisine française, ce chef maîtrise les saveurs de la gastronomie du Sud-Est américain et sait les mêler à l’excellence de la tradition culinaire française. Cet équilibre est sans aucun doute le secret du succès qu’il connaît à Jackson, Mississippi, depuis 30 ans.

“J’ai grandi en cuisinant,” explique ce grand chef, bientôt âgé de 64 ans, qui se décrit lui-même, avec dérision, comme la “petite fille” des trois frères nés dans une famille de la Loire, spécialisée dans le commerce de vélos.

JPEG Diplômé de la prestigieuse École Hôtelière Savoie Léman, à Thonon-Les-Bains, en France, il a débuté son illustre carrière comme Chef personnel de Maurice Schuman, alors Ministre des affaires étrangères, alors qu’il était exempté du service militaire qu’il ne pouvait accomplir à cause de problèmes asthmatiques sévères. Ainsi, Christian Amelot a eu le privilège de servir des dignitaires tels que Henri Kissinger. Il a ensuite travaillé à l’Hôtel Hermitage, hôtel 5-étoiles de la Baule, de même qu’à la Braiserie, à Marseille, avant que l’opportunité de tenter se chance aux Etats-Unis ne se présente à lui.

En 1984, Christian Amelot , sa femme et leurs deux filles sont partis à Houson, au Texas, avant de s’installer à Jackson, dans le Mississippi, où le restaurant Sundancer était alors à la recherche d’un chef pâtissier, formé en Europe. Malgré des débuts difficiles, Christian Amelot savait qu’il voulait vivre aux Etats-Unis même si sa femme n’était pas enchantée par cette perspective. “Elle ne parlait pas un mot d’anglais, et il lui a fallu une dizaine d’années pour s’y mettre,” explique Amelot, avec affection, en évoquant sa femme Patricia, disparue, il y a 5 ans.

Après la fermeture du Sundancer, en 1988, Christian Amelot été engagé comme chef cuisinier pour les Valley Food Services, où il a travaillé pendant les 20 années suivantes. En 2006, il a rejoint le US Food Service’s Jackson-New Orleans Division en tant que chef exécutif, et a oeuvré comme formateur, consultant, et expert. En 2012, sa fille Anne a ouvert l’Anjou, restaurant d’influence française, pour lequel il a travaillé comme conseillé et a crée le menu. “Anjou est ce qu’il a de plus proche de la gastronomie française à Jackson qui est à la fois une grande ville et un petit village,” il explique. “Dans le Sud, les gens aiment la friture. Ils aiment également que leurs aliments soient sucrés, et un peu épicés. Nous avons dû adapter nos recettes. Nos clients préfèrent cela.”

JPEG En 2015, Christian Amelot, qui n’aime pas particulièrement la cuisine épicée, a finalement accepté l’invitation insistante de sa fille de prendre les rênes de la cuisine. Une des premières choses qu’il a faites, a été de faire des expériences avec les plats traditionnels français qui paraissent très exotiques aux consommateurs américains. Le lapin à la barigoule s’est trouvé ainsi en tête des commandes.

Les clients étaient hésitants, au début et puis, ils ne pouvaient plus s’en passer. Il est même devenu impossible de se fournir localement et il fallu importer des lapins du Canada.”

Bien qu’il n’ajoutera certainement jamais à la carte la langue le boeuf sauce piquante — plat favori de sa maman, âgée de 85 ans — Christian Amelot ne s’oppose pas à l’idée de mettre, un jour, un de ses propre plats préférés — la raie au beurre noir ou le ris de veau. Pour le moment, ces recettes ne sont partagées qu’avec le cercle restreint d’intimes de cet amateur de motos et grand-père de trois petite-filles qui, malheureusement, ne parlent pas français. “J’ai toujours cuisiné pour des petits nombres.”

Fier de participer à des évènements qui mettent en valeur la tradition culinaire française, et qui réunissent la petite communauté française et francophile de Jackson, Christian Amelot propose chaque année des menus spéciaux pour la Chandeleur ou la fête nationale. Cette année, il est particulièrement content de participer au Goût de France/Good France, évènement international organisé par le ministère des affaires étrangères, pour lequel il a préparé un menu spécial. Cependant, il commence à évoquer sa retraite. “30 ans, ça laisse des traces,” point renforcé par l’intermittance des mots en anglais.“Je veux finir ma carrière ici [à Anjou].

Tapant son doigt contre sa tempe, il sourit : “J’ai beaucoup de connaissances, et mon goal, c’est d’en partager autant que je peux.”

Dernière modification : 29/02/2016

Haut de page