De France à l’Ole Miss : Natacha Biyong, une professeur et globe-trotteur [en]

La passion du voyage et des langues étrangères. Entretien avec un professeur charismatique vit un de ses rêves : enseigner à l’étranger.

JPEG Née dans une famille de professeurs, Natacha Biyong a toujours su qu’elle voulait reprendre le flambeau familial. Avec une mère professeur de français, et une sœur professeur de français et d’allemand, l’enseignement des langues est une affaire de famille. Néanmoins, Biyong rêvait d’enseigner à l’étranger. Avec un master en anglais (Université de Lyon 2) et un autre en français langue étrangère (Université de Lyon 3), elle a commencé à rechercher un poste. « Je voulais voyager », explique-t-elle en riant. « J’ai donc postulé un peu partout dans le monde, et c’est aux Etats-Unis que j’ai été prise, ici dans le Mississippi. » Ayant eu de bonnes expériences comme assistante de français en Pennsylvanie et en Caroline du Nord, au cours de ses études, Biyong a été heureuse d’obtenir un poste de professeur de français à l’Université du Mississippi.

Le Sud, était pour elle un tout nouveau monde. Avant de déménager dans le Mississippi, elle n’avait pas été exposée à la culture du Sud, ayant essentiellement voyagé dans les régions du Nord et de l’Ouest des États-Unis. Avec seulement un unique voyage à Atlanta à son actif, elle a plongé, tête la première, dans le mode de vie du Sud : « À mon arrivée à Ole Miss, je ne connaissais pas du tout le Sud ; j’ignorais tout de sa culture. » Biyong reconnaît très vite que l’accent du Sud, et la façon de vivre apparemment très amicale et accueillante, se sont révélés être un choc culturel. Cependant, grâce à son état d’esprit souple et décontracté, il n’est pas surprenant qu’elle se soit vite adaptée et se sente aujourd’hui à son aise dans cette partie des États-Unis. Contrairement à ce qu’elle croyait au départ, ses quatre années à Ole Miss l’ont aidée à découvrir que ce n’est pas l’anglais qu’elle aime enseigner, mais bien sa langue maternelle. Ne prévoyant pas de rentrer en France, elle est contente de vivre à Oxford, Mississippi et de travailler comme professeur de français.

JPEG le moment l’enseignement est sa priorité. Lorsqu’elle enseigne des classes débutantes et intermédiaires, cette professeur dynamique explique que l’aspect le plus gratifiant est d’observer les étudiants progresser : « [les étudiants] se rendent compte qu’ils peuvent faire des choses qu’ils ne se sentaient pas capables de faire au début. Ils ne s’en rendent pas nécessairement compte tout de suite mais ils prennent peu à peu confiance et réalisent vite qu’ils savent se débrouiller en français. » Cependant, ce n’est pas seulement dans le cadre des cours qu’elle peut juger leurs progrès. Biyong mène et participe à plusieurs groupes sur le campus, tels que le Club de français et la Table française, qui lui permettent d’échanger régulièrement avec des étudiants, en offrant différentes opportunités d’utiliser leurs compétences nouvellement acquises.

Certains pourraient penser qu’il est difficile de rester en contact avec la culture française dans le Mississippi, mais ce n’est guère un problème pour Biyong. Au quotidien, elle regarde les informations françaises : « Je ne regarde pas les infos aux Etats-Unis plutôt celles de France, en fait. Je sais ce qu’il se passe en France ; je regarde les news, je regarde les séries télévisées, les jeux français, etc… Il n’y a pas de problème là dessus, je suis connectée ». Même si Oxford n’a pas de grande présence francophone, elle réussit tout de même à rester en contact avec sa langue maternelle. Une fois par mois, elle prend part, avec d’autres professeurs, au « Franco-Bar » où des francophiles se regroupent pour discuter autour d’un verre. Même si elle apprécie sa vie aux Etats-Unis, sa famille et ses amis lui manquent beaucoup. Elle retourne dans sa ville natale de Lyon au moins une fois par an, si ce n’est plus. De plus, tout comme de nombreux expatriés, Skype lui permet de maintenir le contact avec ses proches.

Quant à ses passe-temps à Oxford, Natacha Biyong aime bien jouer et assister à des matches de basket, passer du temps avec ses amis aux restaurants, au cinéma, ou encore au parc. Mais sa plus grande passion est surtout de voyager. Elle voyage dès que son emploi du temps le lui permet, ayant visité l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse, la Jordanie, ou encore le Cameroun, pour ne nommer que quelques pays. Biyong apprécie chaque moment qui lui est donné et c’est donc sans surprise que l’on apprend que sa devise est « C’est profite et kiffe ».

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Dernière modification : 06/10/2015

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