Nasera Souidi, une voix française dans l’Amérique des entreprises [en]

JPEGSi vous observez Nasera Souidi, vous comprendrez aisément que sa douceur et son assurance commandent autant l’attention d’une centaine d’hommes d’affaires que d’une classe de maternelle – assemblées dont elle a déjà eu la charge. Présidente du International Business Council de Chattanooga, fondatrice de l’antenne de Chattanooga de la Chambre de Commerce franco-américaine, cette native de Thionville, en France, a de nombreuses raisons d’être fière de ce qu’elle accompli, après 13 ans aux États-Unis.

Souidi attribue son succès professionnels à ses parents qui ont émigrés d’Algérie dans les années soixante.

« Ils nous ont enseigné, mes cinq frères, deux sœurs et moi, qu’une bonne éducation, sans conscience professionnelle ne garantissait pas la réussite. »

Passionnée par l’informatique, Nasera Souidi s’est très tôt initiée au codage, quand elle a découvert les ordinateurs, au collège. Cet engouement l’a poussé à la gestion des systèmes d’information à l’université de Lorraine. D’un naturel fonceur, elle a obtenu un poste, dès la fin de ses études, au sein de Cargolux Airlines, au Luxembourg. Cela a été une belle opportunité de pouvoir mettre ses études en pratique et de gagner de l’expérience à un poste à responsabilité.

La rencontre avec son mari Américain l’a conduite, de façon inévitable aux États-Unis. Cette fois-ci, ce n’est pas l’attrait du voyage qui a motivé Souidi à s’installer en Amérique mais la carrière de son mari et son ambition de réussir dans le monde des affaires.

Aujourd’hui, elle travaille comme gestionnaire de projet et met son expérience au service de BlueCross BlueShield à Chattanooga, au Tennessee, où elle vit depuis 2011. Pour Nasera Souidi, sa réussite professionnelle au sein d’une entreprise américaine, ainsi que son adaptation à la vie à l’étranger sont très gratifiants.

« Il est très important pour moi d’établir des relations avec la communauté française. Aussi, la première chose que j’ai faite à mon arrivée à Columbus, Géorgie, en 2002, ou bien à Chattanooga, a été de contacter des professeurs français de l’université et de me joindre à un groupe de francophiles qui se rencontrait deux fois par mois. »

Cet état d’esprit a motivé sa décision d’établir une chambre de commerce franco-américaine à Chattanooga. L’authenticité de son attachement à sa culture française, associée à une adaptation exemplaire à la culture américaine explique le succès de la FACC qui n’a cessée de se développer depuis le jour de sa création.

« Je trouve que la FACC est une parfaite combinaison de culture et d’affaires internationales – deux éléments que j’aime particulièrement. » Pour Souidi, sa mission est de servir de trait d’union, propice au développement du commerce entre la France et les États-Unis.

La vision de Nasera Souidi l’a amené à devenir Présidente du International Business Council de Chattanooga, qui se concentre sur les différentes cultures commerciales dans le monde et développe des outils pour créer des relations durables avec elles.
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Lorsque Souidi n’est pas en réunion ou en train de donner une conférence, elle se trouve à un des matchs de ses fils qui jouent au basket, football et baseball. A la maison, son défi principal est de maintenir l’influence de la culture française.

« Je leur parle en français et nous allons en France chaque année. » Dans le passé, elle dirigeait même un club de français.

« Quand le moment de choisir une langue étrangère au collège est venu, ils savaient parfaitement de l’espagnol, de l’allemand ou du français, laquelle ils devaient sélectionner ! » explique Souidi en riant.

Quand on demande à Nasera Soudi quel aspect de la culture française lui manque le plus, elle prend un moment avant de répondre : « J’aime ma vie ici. Cependant, j’ai souvent l’impression d’être perpétuellement en train de courir. M’asseoir à la terrasse d’un café avec une bonne tasse de café et me relaxer un instant en regardant les passants me manque. »

Malgré son emploi du temps déjà fort chargé, Nasera Soudi ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. À l’avenir, elle souhaite reprendre ses études et obtenir un MBA ou bien un certificat en traduction. Pour elle, apprendre – tant dans le cadre d’une école qu’au gré des rencontres – est la clé du succès car cela permet d’avancer vers de nouvelles et enthousiasmantes opportunités.

Dernière modification : 29/04/2015

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