Jean-Pierre Chambas : grand amoureux du Sud [en]

Jean-Pierre Chambas, PDG de l’importante compagnie de distribution de vins, de bière et de liqueurs Aleph Wines, semble avoir réalisé son rêve américain. Épris de viniculture depuis sa petite enfance dans le Sud de la France, il fournit maintenant toute la Caroline du Sud avec une extraordinaire variété de vins français mais aussi du monde entier et emploie plus de trente employés. Passionné, travailleur et enthousiaste, Jean-Pierre Chambas est aussi un grand amoureux du Sud.

JPEG Jean-Pierre Chambas a grandi à Cahors, dans le Lot. Destiné à suivre les pas de son père dans une carrière d’avocat, il intègre la faculté de droit de Toulouse. En 1971, cependant, Jean-Pierre Chambas décide de changer tout à fait de parcours, et, fatigué de la France et d’une carrière qui ne l‘intéresse pas assez, il va suivre ses aspirations et sa soif d’aventures. Celle-ci va l’emmener jusqu’en Caroline du Sud, aux États-Unis.

« J’ai décidé de partir à l’aventure, de faire moi-même » explique-t-il.

Chambas est déjà familier avec la Caroline du Sud, l’état d’origine de sa femme avec laquelle il est maintenant marié depuis plus de quarante ans, et lui porte une grande affection. Pourtant, une fois là-bas, il sait qu’il faudra « recommencer à zéro ».

« Je devais gagner ma vie, avant j’étais un fils de bourgeois. Il a fallu que je me mette au travail très vite. »

Porté par la conviction que l’Amérique est un pays où si on travaille, on gagne sa vie, Chambas devient le premier employé d’un magasin de caviste, où il va pouvoir approfondir son savoir du vin.

« Les études d’économie n’ont pas beaucoup de relations avec la vie réelle, il explique. J’ai appris sur le tas. Il a fallu que j’apprenne le Sud, que j’apprenne les gens, la culture américaine... »

Dans les années quatre-vingts, Chambas devient caviste lui-même puis finalement se lance dans la distribution, où il est actuellement.

Pour Jean-Pierre Chambas, le vin est une vocation, partie intégrante d’un héritage culturel français qu’il chérit et transmet généreusement à son entourage. Cette passion, il l’a développée dès sa petite enfance parmi les beaux vignobles du Sud-Ouest de la France.

« Je suis tombé amoureux du vin et de tout ce qui l’entoure très tôt dans ma vie, raconte-t-il, à partir de cinq ou six ans. À cet âge-là, j’allais souvent le dimanche avec un cousin germain de mon père, le tour des caves du Lot. »

L’odeur des caves, il confie, est devenue pour lui comme une madeleine de Proust.

Chambas a beaucoup d’affinités pour la culture française et essaie de la développer et la partager avec ses amis américains, « je leur apprends même à jouer à la pétanque ! » il ajoute avec un rire jovial.

Il a aussi su transmettre cet héritage à ses deux enfants qui travaillent avec lui et partagent cette même passion pour le vin.

En tant que Français dans le Sud des États-Unis, Chambas remarque qu’on bénéficie d’un certain prestige dont il faut profiter. Son accent français du Sud par exemple qu’il qualifie avec humour comme sa « double dose de Sud », l’a toujours aidé : « il m’a permis de dire des choses que souvent les américains ne diraient pas » il ajoute, en riant...

Jean-Pierre Chambas se sent chez lui en Caroline du Sud, sans pour autant ressentir le besoin d’oublier son héritage culturel ou de le mettre de côté. Au contraire, Chambas se sent comme « le prédicateur de la culture vinicole française ».

Il aime beaucoup le Sud et admire cette société aux influences conservatrices, qu’il juge plus structurée que dans le Nord, et qui a su l’accueillir à bras ouverts.

Il associe l’Amérique à un des rares endroits où on peut toujours dire que si on essaye on peut réussir. « Les américains sont des travailleurs » explique-t-il ; « On ne vous demande pas qui est votre père. Si vous travaillez, vous gagnez votre vie ; si vous gagnez votre vie, tout le monde vous respecte ». De plus, Chambas a remarqué à travers son expérience que, contrairement aux apparences, les Etats-Unis sont un pays qui sait accueillir les étrangers peu importe leurs origines.

Aux Français qui s’installent aux États-Unis, Jean-Pierre Chambas recommande par-dessus tout, le respect et une certaine ouverture d’esprit envers ceux qui nous accueillent.

« Les Américains, il explique, il faut les comprendre, il faut les étudier, il faut savoir que quand ils connaissent quelque chose, ils le connaissent à fond. » Surtout, « il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit eux qui parlent français », mais nous qui devons parler anglais et faire l’effort de s’intégrer du mieux possible. S’intégrer, cependant, il précise, ne signifie pas qu’il faut oublier sa culture, il faut au contraire faire preuve de générosité pour savoir la partager.

Dernière modification : 31/10/2014

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