Harry C. Quinn, Jr. [en]

Le soldat Harry C. QUINN Jr. était âgé de 17 ans quand la guerre a éclaté. Le cadet d’une famille de 7 enfants, sa mère le considérait comme l’homme de la famille depuis le décès de son père. JPEG

À 18 ans, il a été mobilisé et envoyé à Camp Blanding, avant d’aller en Angleterre, à l’issue de son entraînement.

« La plupart de mes camarades ont été envoyés dans le Pacifique, » se remémore Quinn. « Comme j’attire les moustiques, j’ai été très heureux d’aller en Europe. »

Fusilier du 22ème régiment de la 4ème division d’infanterie, Quinn était le 4ème soldat à descendre de sa péniche de débarquement à Utah Beach, le 6 juin 1944.

« Après que nous soyons arrivés en Normandie, j’ai réalisé que le commandement ne savait pas ce que nous allions affronter. Il y avait des fils barbelés dans l’eau. Nos barbelés sont inoffensifs en comparaison. D’ailleurs, j’en ai ramené un morceau […] que ma fille conserve à l’abri. Il y avait des poteaux dans l’eau auxquels étaient reliés des bombes. Si vous heurtiez le poteau, vous explosiez. Je ne comprends pas comment nous avons pus survivre à tout ce qui nous attendait. »

« D’une façon ou d’une autre, nous avons réussi à les éviter. Nous avons gardé nos têtes bien basses jusqu’à l’accostage. Après ça, nous étions comme un groupe d’adolescents qui couraient pour survivre. »

Les premières impressions faites par les Français sur M. Quinn n’ont pas été des plus positives.

« Ils n’avaient rien à faire de nous. Ils imaginaient que s’ils s’occupaient de nous, les Allemands les tueraient. Ils étaient pris par la violence de la guerre et nous aussi, » raconte M. Quinn en évoquant la colère d’un fermier qui avait trouvé des soldats en train de creuser dans son champ de pomme de terre. « On essayait juste de survivre. »

Plusieurs années plus tard, en 1984, sa première impression a été remplacée par une meilleure.
« Alors que j’étais en Normandie avec ma femme, les Français se montraient très sympathiques à notre égard jusqu’à ce qu’ils découvrent que nous étions présents lors du débarquement. C’est alors qu’ils nous ont témoigné leur reconnaissance et affection au-delà de ce qu’on pourrait décrire. J’aime les Français ! Il n’a personne de plus gentils qu’eux. »

Après les combats de Utah Beach, M. Quinn a participé à la bataille des haies dans le bocage normand. L’avancée des troupes y était particulièrement difficile en raison des haies nombreuses qui favorisaient la position défensive de l’armée allemande. M. Quinn et les hommes de son unité se protégeaient dans des abris de tranchées mais même-là il était difficile d’y trouver un peu de repos à cause de fusées Allemandes qui faisaient un bruit strident que M. Quinn n’oubliera jamais.

Par la suite, il est allé à Cherbourg, ville que les Alliés devaient reconquérir le 19 juin. Au cours de la bataille, il a été grièvement blessé à la jambe et rapatrié par de courageux infirmiers, en Angleterre.

« J’ai été touché au genou droit, ainsi qu’au flanc. Les médecins ont fabriqué un grand plâtre qui me couvrait de l’estomac jusqu’au pied. Mon genou était en pièces. Plus tard, j’ai demandé à mes amis quand Cherbourg avait été repris et ils m’ont dit que c’était le 27 juin. Je leur ai répondu que si je n’avais pas été touché, nous l’aurions eue le 19. »

JPEG Le vétéran, bavard et content de raconter son histoire, décrit avec force de détails son expérience à l’hôpital et comment une erreur administrative lui a sauvé la vie. En effet, il était sensé repartir à bord d’un avion qui a été abattu en vol par des missiles V-2, et dont personne n’a réchappé.

M. Quinn est finalement rentré aux États-Unis par bateau en août 1944 et a passé la fin de l’année en convalescence dans un hôpital de la Nouvelle Orléans.

« Papa est très humble, » vante sa fille, Beverly Weeks. « Il est très doux et centré sur sa famille. Pendant les 45-50 premières années de ma vie, il n’a pas du tout parlé de la guerre et, lorsque les gens voient ses cicatrices sur sa jambe, il explique simplement : « Oh, j’ai été touché lors du débarquement. » »

À 89 ans, M. Quinn est connu pour être un membre actif de l’équipe de la maison de retraite où il réside depuis la disparition de son épouse avec qui il a vécu pendant 66 ans. Étant quelqu’un qui aime sortir, on le trouve souvent en train de jardiner ou de déplacer des chaises.

« Il est impossible d’oublier quelque chose comme ça, » explique M. Quinn en parlant du 70ème anniversaire du débarquement. « Je réalise combien j’ai été chanceux de survivre… Je ne peux pas dire que je suis un héro. J’ai fait ce que mon pays m’a demandé de faire ; c’est tout. Mes copains qui ne sont pas allés plus loin que la plage sont les héros. »

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Dernière modification : 17/06/2016

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