Ivy C. Agee Jr [en]

JPEG Né en 1923 à Gordonsville, Tennessee, le Sergent Ivy C. Agee Jr. n’avait jamais quitté sa ville natale. Il a rencontré son épouse à l’école et s’est marié avant de partir à la guerre.

« Quitter ma femme a été l’une des choses les plus difficiles que j’ai jamais faites. Nous sommes partis vers l’inconnu. » nous a dit le Sergent Agee au téléphone. 71 ans plus tard, son épouse est toujours à ses côtés, et l’aide à répondre au téléphone, l’encourage dans ses réponses.

Devenu actif dans l’armée le 17 janvier 1943, le sergent Agee a accompli son entraînement de base à Fort Oglethorpe en Géorgie et à Fort Still, dans l’Oregon. Il a été, ensuite, envoyé sur le théâtre des opérations en Europe le 27 mai de la même année, avec le 111ème bataillon d’artillerie de campagne de la 29ème division d’infanterie.

Temporairement affecté au 116ème régiment d’infanterie, il a fait partie de l’une des premières vagues d’assaut d’Omaha Beach, le 6 juin 1944. Sous la puissance du feu ennemi, le sergent Ivy Agee Jr, alors en charge des communications, a été contraint d’abandonner sa jeep et son équipement.

« J’ai dû ramper sur les corps de deux soldats Américains afin de me réfugier derrière un mur, » explique-t-il.

« Ton bateau a été le seul à accoster, » lui rappelle son épouse, avant d’expliquer plus en détail la situation.

JPEG

« Je n’étais pas sur la plage depuis cinq minutes. Je suis resté dans une file qui descendait sur la plage depuis une colline où étaient installés une table de modélisation du terrain et des postes de tir, » raconte-t-il. « Ils sont partis tellement vite qu’ils n’ont pas eu le temps de détruire la table. C’est ce qui nous a le plus aidé. »


Après 3 jours de combat, il a rejoint la 29ème division pour aller combattre dans les Ardennes, dans le Nord-Est de la France. En perpétuel mouvement, il n’a pas eu l’opportunité d’écrire à sa femme qui, elle, lui écrivait une lettre chaque jour, jusqu’à son retour en 1945.

Le sergent Agee se souvient d’avoir trouvé les Français hospitaliers. « Une fois la guerre terminée, j’étais en patrouille dans une région de France pour y faire des enquêtes. Il y avait beaucoup de maisons avec des branches placées devant. Une dame m’a montré une cachette, dans laquelle se trouvaient des armes et des couteaux et elle m’en donna… J’étais très reconnaissant étant donné que je n’avais qu’une seule arme. »

JPEG - 8.3 ko
Ivy Agee. Photo by Rita Richardson.

Depuis la fin de la guerre, le Sergent Agee est retourné quatre fois en France se recueillir sur la tombe de son meilleur ami, mort d’un éclat d’obus.

« Les commémorations du 70ème anniversaire du débarquement sont importantes pour moi. Beaucoup de personnes ignorent ce qu’a été le jour-J. »

À part son épouse, le Sergent Agee a très peu partagé ses souvenirs avec ses enfants et petits-enfants : « Je préfère garder ça pour moi, » explique-t-il, « je ne suis pas un héro. Ceux qui ne sont pas rentrés, ce sont eux les vrais héros. »

Pour retourner à l’article principal et lire d’autres témoignages, cliquez ici.

Dernière modification : 17/06/2016

Haut de page