Cloe Amara : travailleuse et hédoniste [en]

Que faire après avoir remporté le championnat du monde de canne de combat à l’âge de 17 ans ? Pour Cloe Amara, directrice du premier Park Aventure « accrobranche » d’Amérique du Nord, la réponse est simple : toujours plus haut !

Cloe Amara, la vingtaine, a déjà réalisé bon nombre de ses rêves. Aussi, quand on lui demande quelles sont ses perspectives d’avenir ; sa réponse est simple : « aller toujours plus haut ! ».

JPEG Visionnaire, méthodique, sûre d’elle et drôle, Cloe Amara attribue son succès à ses parents qui lui ont transmis la valeur du travail.
“Mes parents se sont installés dans une ferme qui nécessitait des travaux de rénovation, » explique-t-elle, prête à évoquer trois sujets importants pour elle. « Il y avait toujours des travaux. Et c’est toujours en construction ! »

Cette ferme de Lunel, située près de Montpellier est devenue une métaphore de la vie de la jeune femme et de ses deux frères, une leçon essentielle sur l’importance de travailler pour réussir dans la vie.

« Nous devions travailler pour avoir de l’argent de poche. On n’a rien sans rien. »

Cette éthique s’appliquait également au sport, de la gymnastique à la canne de combat, art martial français que Cloe a commencé à pratiquer en suivant l’exemple de ses frères. Elle en est arrivée à surpasser ces derniers, à tel point qu’en 2004 elle s’est qualifiée pour les championnats du monde et a remporté le titre.

« La chose la plus importante pour moi n’est pas le titre mais le cheminement, » elle clarifie. « Il faut être tenace. »

Bien sûr, parfois, elle aurait préféré sortir avec ses amis plutôt que d’aller s’entraîner, mais la satisfaction d’atteindre son objectif à force de persévérance a toujours été plus fort.

Du championnat au management

Cloe Amara a toujours rêvé de voyager à travers le monde et de découvrir différentes cultures. Elle a étudié les affaires internationales au CEFAM (Centre d’Etudes Franco-Américain de Management) qui lui ont permis d’effectuer un stage en Malaisie et à Taïwan, et d’étudier à Temple University de Philadelphie.

Quand on lui demande ce qui l’a attirée vers les Etats Unis, elle confesse : « le rêve américain… un peu… »

Au départ, Cloe Amara ne comptait rester que 2 ou 3 ans. Finalement, grâce au visa de travail temporaire qui a suivi son American graduation, un véritable événement pour sa famille, elle a décroché un emploi à Atlanta dans le marketing et la vente. Bien que le travail lui ait plu, elle trouvait difficile de rester face à un ordinateur de 9 heures à 17 heures. La construction d’un parc aventure par la société Altiplano représentait pour elle une opportunité de réunir sa passion pour le sport, le contact humain et son expertise.

Le groupe Altiplano, qui compte déjà 7 parcs en France, a ouvert Treetop Quest son premier parc aux Etats-Unis, avec 74 parcours d’obstacle, 17 tyroliennes, le tout à plus de 16 mètres du sol.

« J’ai eu beaucoup de chance, » explique Cloe Amara qui a su saisir l’opportunité, et avait les qualifications requises pour le poste. « Notre Directeur général, en France, est d’une part connu pour donner leur chance aux jeunes professionnels ; d’autre part, il souhaitait travailler avec un Français afin de faciliter les échanges entre le siège en France et le parc en Géorgie.”

Depuis la création du parc, Cloe Amara qui se décrit, elle-même, comme étant « la plus folle » de l’équipe, a découvert et assimilé les différences culturelles qui existent dans le monde professionnel, tant au niveau du recrutement que du service clientèle. Ainsi, elle a pu aider l’entreprise-mère de Treetop Quest à ajuster ses méthodes et sa stratégie à sa clientèle américaine.

« Le modèle du service clientèle est fondamentalement différent de celui de la France. Aux Etats-Unis, les clients s’attendent à recevoir une attention particulière contrairement aux clients de France, beaucoup plus indépendants. Par exemple, une maman qui organise un anniversaire dans le parc s’attendra à recevoir au moins 5 courriels qui lui confirment le bon déroulement des préparatifs. Malgré tout, j’aime beaucoup ce rapport à la clientèle. Ici, un enfant vous fera naturellement une accolade après avoir franchi un obstacle ; c’est touchant. »

Les chiffres indiquent que le nombre de visites et le chiffre d’affaires sont en constante hausse, un véritable tour de force, étant donné que l’accrobranche était une activité encore inconnue des Américains avant 2011.

Le plaisir de la nature

Mariée depuis un an à Antoine, Cloe profite de son temps libre pour pratiquer des activités en plein air, avec lui. Ce dernier développe actuellement une entreprise de construction de cabanes dans les arbres.

« Nos enfants seront des singes ! » s’exclame Cloe Amara, se surprenant d’être si sérieuse avant ses 30 ans.

Le jeune couple est passionné d’escalade, de randonnées, de voyages et de parachutisme (dernier cadeau d’anniversaire offert par Antoine). Cependant, les apéritifs et dîners « à rallonge » manquent à la jeune mariée. « C’est tellement différent des Happy Hours ou des dinner parties. »

Pour cette femme proche de sa famille, être éloignée est une contrainte, aussi espère-t-elle un jour retourner vivre en France. En attendant ce jour, Cloe compte bien continuer à profiter du chaleureux accueil des Américains et de leur service clientèle hors du commun. De plus, son goût de l’aventure devrait être vite assouvi par les multiples opportunités que les Etats-Unis ont à offrir, que ce soit en Alaska, en Californie ou à Chicago. De Disneyland, à de l’escalade en Utah, en passant par des matchs de baseball, les souvenirs de Cloe Amara sont déjà nombreux. Pour cette bonne-vivante dont la devise semble être carpe diem, une nouvelle liste de rêves à réaliser reste à venir. D’après son parcours, ce seront sûrement des activités amusantes et qui sortent de l’ordinaire, pour lesquelles elle ne ménagera pas ses efforts, comme ses parents lui ont appris à le faire.

Dernière modification : 01/05/2014

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