Olivier Rixe : redéfinir les soins médicaux en Géorgie [en]

A quelques heures d’une ville importante du Sud, dans une petite ville réputée pour son golf et ses fortes valeurs conservatrices, d’importants fonds privés et publics sont mis en commun pour la création du premier centre de cancer public de Géorgie, National Institutes of Health National Cancer Institute (NCI) , sous l’ombrelle du Georgia Regents University Cancer Center. A la tête du Programme d’expérimentation thérapeutique a été nommé un des oncologue Français les plus réputés internationalement : Dr. Olivier Rixe.

JPEG Depuis 2012, Dr. Rixe a dans le cadre de ses fonctions, dédié un tiers de son temps à la recherche clinique et aux traitements, un tiers à l’enseignement dans le département d’hématologie/oncologie, et un tiers à la stratégie et au développement. Aux côtés du Directeur du GRU Cancer Center Director se trouve Dr. Samir Khleif, dont la mission est de répondre aux standards du NCI en vue de l’accréditation dans les prochaines 6 à 7 années, se concentrant sur la prévention, la recherche et les soins.

Né à Thionville de parents médecins de Corse et d’Auvergne, trouver sa voie était évident pour Dr. Rixe.

"J’étais très attiré par la recherche spécialisée [dans l’oncologie] et par les liens étroits avec les patients. L’oncologie réunit ces différents aspects."

Il a étudié la médecine à l’Université Pierre et Marie Curie, en France, puis a fait de la recherche au NCI Medical Oncology Branch à Bethesda, Maryland avant d’obtenir son diplôme de médecine en 1993. Après quatre années de formation à l’oncologie médicale et la médecine interne à Paris, il a poursuivi ses études à l’université Paris-Diderot pour y obtenir en 2002, un doctorat en biologie moléculaire.

Il a été ensuite oncologue principal à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, puis de l’unité Phase 1 de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, France. Dr Rixe a été nommé Professeur d’Oncologie Médicale en 2003 à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris (Paris 6). En 2008, Dr Rixe a rejoint la Branche médicale de l’Institut national du Cancer américain de Bethesda, MD, en tant que clinicien. Par ailleurs, Dr Rixe est l’auteur de plus de 120 publications scientifiques. Lorsqu’en 2008, l’opportunité de travailler dans le plus important centre de recherche contre le cancer s’est présenté à lui, Dr. Rixe n’a pas hésité un instant et, accompagné de son épouse et de ses quatre enfants, s’est envolé vers les Etats-Unis.

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Plus tard, lorsque Dr. Rixe a appris que son ami Samir Khleif partait s’installer dans le Sud pour démarrer, à la demande du gouverneur de la Géorgie, un NCI, celui-ci n’a pas hésité. « Je viens aussi ! » se souvient Dr. Khleif, évoquant la réaction de Dr. Rixe. « Où se trouve Augusta, au juste ? »

Dans une région marquée par la pauvreté, l’obésité et parfois un manque d’information il y a de nombreux défis à relever. En moins de dix-huit mois, les deux scientifiques ont accompli un travail qui aurait normalement exigé plus de trois années.

« Il faut que l’impact soit durable. Il y des besoins majeurs en Géorgie qui nécessitent notre aide grâce à un travail de prévention, » explique Dr. Rixe. « L’obésité, le tabagisme et les infections VPH. L’éducation est essentielle, et comme la plupart de la vie de la communauté locale se passe dans les églises, nous avons établi un programme éducatif avec des églises afin de toucher les populations minoritaires et délaissées. Nous devons nous attaquer au fléau de l’obésité ! »

Ses yeux brillent de passion et peut-être de malice. « J’aime ce que je fais. Nous faisons de la recherche internationale spécialisée dans l’oncologie et les soins du laboratoire au chevet du patient, mais nous sommes aussi présents pour les défavorisés.

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Dr. Olivier Rixe shows Consul General Barbet around the GRU facility.

Au cours de la visite guidée des locaux, Dr. Rixe s’interrompt pour saluer d’une chaleureuse accolade, un membre de la famille d’un patient.

« Non seulement c’est un grand travailleur, non seulement il accomplit de grandes recherches, non seulement il domine sa spécialité, mais en plus il est compatissant. » explique fièrement Dr. Khleif. « Et c’est pour cette raison qu’il était en tête des candidats pour le poste. »

« Mes rapports avec les patients sont incroyables. Nos relations sont profondes et agréables. On ne peut pas vivre ça à Paris, » ajoute Dr. Rixe, heureux d’obtenir, ainsi que sa famille, la nationalité Américaine, l’année prochaine.

Il est un oncologue qui donne beaucoup de sa personne. Il exprime son affection pour ses patients par des accolades et des mots gentils, assiste aux obsèques de ses patients et réprimande gentiment aux membres de son son équipe qui auraient tendance à lire leurs courriels professionnels pendant leurs vacances. Définir des limites est vital.

« La médecine intégrative que l’on trouve ici, me fascine, » raconte-t-il. « Que faire au-delà de la médecine ? Hypnose, acuponcture, régime… C’est passionnant comment déclencher "le healing" à travers une approche « d’homme médecin » dans la façon de favoriser la guérison, de protéger soi-même. La méthode est tellement out-of-the-box dans ce pays. En fait, les malades avaient tous les pouvoirs alors qu’on pensait que le médecin avait le pouvoir. »

Quelle méthode emploie-t-il pour définir de saines limites ?

« Je fais du tai chi plusieurs fois par semaine avec mon équipe. »

Passionné par la nature qu’Augusta et la Géorgie offrent, Dr. Rixe aime à louer la seule maison située sur l’île de Sapelo, loin de la civilisation, avec seulement la vue de la mer et un bon livre en français, pour « rester en contact avec la France. » De même, chaque mois, il se plaît à retrouver la communauté française d’Augusta, Columbia, et d’Aiken.

Le GRU Cancer Center a généré le développement d’un microcosme de scientifiques internationaux, répondant ainsi, à un besoin économique et médical pressant. De plus, la présence du NCI a déjà attiré de nombreuses entreprises et favorisé la création d’emplois. Que fera Olivier Rixe dans 6 ou 7 ans, une fois que Georgia NCI comptera parmi les 67 centres accrédités du pays ? Il n’est pas inquiet. « Je reçois sans cesse des offres. »

Dernière modification : 31/03/2014

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