Le secret de l’art de vivre de Frédéric Gresset aux États Unis

JPEG Parfois, la vie réserve des surprises qui conduisent à une situation meilleure que celle envisagée. Il en est ainsi de Frédéric Gresset dont la voix révèle sa chaleur, son humour, et son ouverture, de même qu’une certaine satisfaction des choix qu’il a fait, de la vie qu’il s’est construite.

Il y a 30 ans, ce natif du Jura vint aux États Unis pour un MBA à l’université de Tulane, en Louisiane. M. Gresset se souvient combien il était enthousiasmé par l’approche pragmatique offerte aux USA, différente de celle plus théorique qu’il a rencontrée lors de ses études en Sciences économique et politique en France. Ce dernier n’avait pas l’intention de rester aussi longtemps, et encore moins de s’expatrier. Cependant, à l’instar de nombreux étudiants, il rencontra sa femme, de nationalité américaine, au cours de son MBA, puis trouva un travail dans la finance à Houston, puis San Francisco, et enfin Dallas. Par la suite, la famille passa quelques années en Europe, alors que M. Gresset travaillait à Zurich et à Londres. Finalement, ils prirent la décision de se rapprocher de la famille de son épouse, basée en Virginie, et s’installèrent à Charlotte, en Caroline du Nord, voilà 15 ans de cela. Frédéric Gresset travaille depuis ce jour pour la banque Wells Fargo (qui a racheté Wachovia). Son expérience à l’international est un véritable atout dans son travail de Senior Vice President of Global Banking.

Une des choses qui a le plus marqué Frédéric Gresset a été l’accessibilité des Américains qu’il a rencontrés. « Moins bureaucratiques qu’en Europe », il a trouvé qu’il était plus simple d’avoir des responsabilités à un jeune âge. « Les Américains travaillent dur » explique-t-il, « mais ils restent décontractés ». Cette attitude contraste infiniment avec son expérience précédente en Suisse où l’environnement professionnel semblait plus formel et distant. « Aux Etats-Unis, tout le monde s’appelle par son prénom, jamais par son nom de famille ». Ce sentiment chaleureux était également perceptible en dehors du travail. Par exemple, quand la famille Gresset s’est installée à Dallas ou à Charlotte, les voisins les ont accueillis avec des cookies et du thé. Grâce à l’accueil chaleureux rencontré aux États Unis, ainsi qu’avec son travail et son épouse, il ne lui fut jamais difficile de se faire des amis et développer son réseau d’amis.

Ce qui est fort intéressant chez cet homme d’affaires français est l’importance qu’il attache aux relations humaines. Il n’avait pas l’intention de travailler dans une banque, mais son développement de carrière s’est révélé très gratifiant, pas seulement d’un seul point de vue économique, mais aussi grâce à toutes les rencontres différentes qu’il a pu faire. M. Gresset prend beaucoup de plaisir à découvrir les différentes activités de ses clients et à construire des relations qui s’inscrivent dans le temps, et travailler avec eux avec le respect dû. « Je dois être un peu vieux jeu » s’amuse-t-il.

Depuis son installation à Charlotte, Frédéric Gresset s’est beaucoup impliqué dans la communauté française, qu’il estime « de petite taille ». Aussi, M. Gresset estime qu’il est de sa responsabilité de jouer un rôle actif dans la promotion des échanges franco-américains. C’est pour cela qu’il est membre, et ce depuis les 14 dernières années, du Conseil d’administration de la Chambre de commerce franco-américaine de Caroline du Nord (FACCNC). Il a aussi été d’une grande aide lors des élections présidentielles de 2012, en participant au dépouillement des urnes. Non seulement, « cela fut une expérience sympathique », mais cela lui a également donné l’opportunité de rencontrer des Français installés dans la région, ainsi que les candidats. « Les questions politiques ne m’affectent pas aussi directement que les expatriés qui rentrent en France après quelques années. Cependant, la France a besoin de mon vote » estime Frédéric Gresset. « Si je pouvais continuer à voter aux élections régionales en France, je le ferais ! »

Pendant son temps libre, Frédéric Gresset aime faire du vélo, du sport, voyager et découvrir de nouvelles choses. Son hobby préféré, toutefois, reste sa famille. Ses deux fils ont déjà quitté la maison pour commencer leur vie professionnelle. Sa fille, qui est encore à l’université, est celle des trois enfants qui porte le plus d’intérêt à maintenir son héritage français. Une importante leçon qu’il a apprise en élevant ses enfants, et qu’il recommande à tous les jeunes couples mixtes désireux de bâtir une famille, est l’importance de parler français à la maison. Dans son foyer, où l’anglais a toujours été la langue de prédilection, Frédéric Gresset estime qu’il a « fait l’erreur de ne pas parler constamment français [à ses enfants] ». Aussi, malgré leurs années d’étude à l’école française de Zurich, ses deux fils parlent-ils rarement le français.

Heureusement, quelques traditions bien françaises perdurent dans la famille Gresset, comme les longs repas ; les longs déjeuners ou dîners pris à l’extérieur, pendant lesquels les gens bavardent pendant des heures, écoutent le chant des cigales, savourent le temps qui passe… C’est cela que Frédéric Gresset regrette le plus de la France. Un art de vivre qui pour lui manque ici, et qui disparaît lentement là-bas. Aussi, à chaque fois que possible, sa femme et lui-même offrent-ils une expérience de cet art de vivre intemporel à leurs invités américains, qui, souvent d’abord surpris, leur sont reconnaissants de cette soirée de détente et d’échanges.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle Frédéric Gresset est aussi satisfait de la vie qu’il s’est construite dans le Sud-est des États Unis. Certes, les stations de ski sont loin, et prendre un apéro avec les voisins lors des soirées d’été n’est pas garanti. Cependant, il est certain que cet art de vivre est le secret pour créer des liens avec les nouvelles personnes rencontrées et laisser la porte ouverte à de nouvelles découvertes.

Dernière modification : 28/02/2013

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