Philippe Chatillon ou l’incarnation d’un commerce international serein

Et là-bas, allumant ses vitres étoilées,
Avec sa cathédrale aux flèches dentelées,
Les tours de son palais, les tours de sa prison,
Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie,
Posée au bord du ciel comme une longue scie,
La ville aux mille toits découpe l’horizon.

(Soleils couchants, Victor Hugo)

JPEG Si Philippe Chatillon a choisi de quitter les soleils couchants de sa ville natale, Rouen, pour retrouver l’horizon libéré des grands espaces américains, « la ville aux cent clochers » de Victor Hugo, « l’Athènes au genre gothique » de Stendhal, et celle qui fut l’épicentre de tant d’autres grands noms de l’histoire de France, continuera à nourrir de son imaginaire l’imperceptible et indéboulonnable édifice du souvenir qu’il garde de ses origines françaises aux États-Unis.

Suivant un parcours en école de commerce à Bordeaux, spécialisé dans la finance et le commerce international, Philippe Chatillon découvre les États-Unis à 22 ans, à l’occasion d’un séjour à Chicago dans le cadre de son cursus universitaire. Après plusieurs expériences au sein de sociétés comme Control Data Corporation et Thomson Multimedia, qui l’amènent à se familiariser avec l’international, il rejoint la société d’intérim et de recrutement Randstad en 1996, à Paris dans un premier temps, puis à Atlanta en 2000 en tant que directeur du Planning Stratégique sur l’ensemble des États-Unis. Ce normand décidera finalement de faire d’Atlanta sa ville d’adoption.

Le groupe hollandais Randstad à une approche similaire en 1993 en faisant de la ville d’Atlanta le berceau de son aventure américaine. Aujourd’hui deuxième acteur sur le marché mondial des ressources humaines et du travail temporaire, la destinée du groupe dans le Sud-est s’est métamorphosée avec l’organisation des Jeux Olympiques à Atlanta en 1996, moment charnière dans l’histoire de la ville, qui a permis à Randstad de recruter 17 000 personnes et d’accéder ainsi à une grande visibilité dans la région. « Avec 740 agences et l’emploi de 80 000 personnes par jour, Randstad Etats-unis est aujourd’hui devenu un pilier majeur et moteur du dynamisme économique de la région », déclare Philippe Chatillon.

Quand il arrive à Atlanta avec sa femme et ses 3 enfants, il fait le choix du système éducatif américain, rêvant de donner à sa famille toutes les chances de développer une double culture franco-américaine pour une intégration réussie. A la recherche d’expatriés français ayant une expérience dans le système éducatif local, et peu averti des atouts cachés de la ville, Philippe Chatillon et sa famille ont beaucoup appréciés les informations qu’ont pu leur apporter les nombreux représentants de la présence française à Atlanta. « C’est un fabuleux point d’entrée quand on arrive ici. Tous ces acteurs nous ont beaucoup aidés à nous intégrer dans la communauté. »

Pleinement impliqué dans la vie économique locale, il a été pendant 5 ans membre de la Chambre de Commerce franco-américaine d’Atlanta. Depuis 2005, il contribue à la promotion du commerce extérieur de la France en étant Conseiller du Commerce Extérieur, ce qui l’amène à travailler en relation avec Ubifrance pour collecter des informations et des contacts sur le marché américain. Au beau milieu de cette activité débordante, à laquelle s’ajoute des interventions comme conférencier à Georgia Tech depuis 2005, Philippe Chatillon essaye de trouver le temps de se consacrer à sa passion pour la musique et pianoter quelques notes de jazz à l’occasion.

Pour cet éclectique amoureux des voyages, des arts et du jazz, Atlanta représente une place de choix pour satisfaire à ses désirs d’évasion, grâce à son offre culturelle grandissante et une position de leader mondial aéroportuaire, qui permet de concilier intérêts professionnels et personnels. En 10 ans, Philippe Chatillon a découvert l’Alabama, la Louisiane, la Floride, la forte influence des quartiers français de Charleston et de la Nouvelle Orléans... Le bon vivre inhérent à la région et à son climat, le développement considérablement rapide des partenariats culturels et économiques d’Atlanta avec l’international sont autant de variables qui l’ont convaincu de faire ses marques dans le Sud-est.

Puis est venu le temps de la crise en 2008. « Pour la société d’intérim qu’est Randstad, le choc s’est fait fortement sentir en tant que variable d’ajustement de l’économie des entreprises ». L’activité de Randstad sur le marché de l’intérim en ce début d’année 2012 retrouve un niveau d’activité d’avant crise. Philippe Chatillon a pu constater à ce moment précis tout le courage dont ont fait preuve les Américains, incités à se remettre en question et à s’adapter au nouveau contexte économique. « A la manière d’un boxeur, les gens prennent des coups mais se relèvent. Il y a toujours la possibilité d’une deuxième chance ». Une deuxième chance que Philippe Chatillon est fier de porter au sein de Randstad. « Bien loin d’une image négative de l’intérim, parfois injustement associé à la précarité, cela permet aux gens d’avoir une nouvelle chance de réintégrer le monde du travail et de subvenir aux besoins de leur famille. La grande force des Américains, c’est le refus du fatalisme, de juger en fonction des origines mais des résultats, et d’aller de l’avant ».

Fort de son parcours et de son expérience, Philippe Chatillon n’en reste pas moins un homme simple au cœur des réalités, caractérisé par l’altruisme et l’honnêteté.

À la fois lieu d’épanouissement culturel et professionnel, « un peu campagne et un peu ville », Philippe Chatillon apprécie le compromis qu’offre la région en terme de qualité de vie et se verrait bien rester dans les environs à l’avenir, tout en gardant un lien fort avec la France et la ville de Rouen bien-sûr !

Philippe Chatillon soumis à un questionnaire de Proust :

Le trait principal de mon caractère L’honnêteté
La vertu que j’admire le plus L’altruisme
Ma principale qualité La tolérance
Mon occupation préférée Piano jazz
Mon rêve de bonheur Le bonheur des autres
Quel serait mon plus grand malheur ? Regretter de ne pas avoir assez aimé
Ce que je voudrais être Chef d’orchestre
Si vous étiez une personnalité publique, vous seriez... Martin Luther King
Si vous étiez un pays, vous seriez... La France
Si vous étiez une ville, vous seriez... Auch
Si vous étiez une passion, vous seriez... L’amour
Si vous étiez une ambition, vous seriez... Le pouvoir …pour Agir
Mes auteurs favoris en prose Maupassant, Camus
Mes poètes favoris Victor Hugo, Paul Eluard
Mes héros de fiction préférés Je n’aime pas les héros !
Mes compositeurs préférés Bach, Mozart
Mes peintres préférés Cézanne, Matisse, Picasso
Les personnages dans l’Histoire que j’admire Jésus, Gandhi, Charles de Gaulle
Ce que je déteste par-dessus tout La vanité
Le don de la nature que j’aimerais avoir Savoir peindre
La faute pour laquelle j’ai le plus d’indulgence Le vol de nourriture
Ma devise Semper Spes ( Toujours l’espoir)


Dernière modification : 31/05/2012

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