L’archéologie sous-marine française : une référence mondiale

Le patrimoine sous-marin recèle des trésors. Depuis des siècles, des milliers d’épaves et leurs précieuses marchandises sommeillent au fond des mers. Les archéologues français du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines sont reconnus internationalement et interviennent sous toutes les mers du globe. Leur mission : l’expertise, l’inventaire des biens culturels maritimes et leur protection.

JPEG Les océans, qui couvrent la plus grande partie de notre planète, conservent encore beaucoup de leurs secrets. « La France est le second propriétaire maritime. Elle compte un peu plus de 11 millions de km2 de ZEE (zone économique exclusive), soit presque autant que les Etats-Unis. Et on estime que cet espace maritime comprend entre 150 000 et 200 000 sites sous-marins », explique Michel L’Hour, Conservateur général du patrimoine, Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM).

Créé par André Malraux en 1966, le DRASSM fut le premier organisme au monde de recherche archéologique immergée. Il est chargé d’étudier et de protéger le patrimoine archéologique sous-marin, notamment contre les pilleurs d’épaves. Aujourd’hui leader mondial dans le secteur de l’archéologie sous-marine, avec des missions d’investigation, de conseil et d’expertise menées sous toutes les mers du globe, le DRASSM est à la pointe de la technologie.

Les archéologues du DRASSM sont sollicités pour intervenir dans de nombreux pays. Ils dirigent ou conseillent les plus grandes opérations. Ils ont participé aux recherches sur les Frégates L’Astrolabe et La Boussole, disparues dans l’Archipel de Vanikoro (îles Salomon), dans le Pacifique Sud, en 1788, levant ainsi un voile sur le mystère La Pérouse, le célèbre navigateur français, responsable de l’expédition. « A-t-on des nouvelles de M. de La Pérouse », demandait encore Louis XVI, peu avant son exécution, en janvier 1793. L’exposition qui a suivi les travaux des experts du DRASSM, organisée en 2008 au musée national de la marine, à Paris, a accueilli en six mois plus de 200 000 visiteurs.

Des partenariats ont été établis avec l’Italie, l’Egypte ou encore le Pakistan. En 1985 est localisée, dans le Golfe de Guinée, l’épave d’un grand vaisseau de commerce construit en Europe, chargé en Asie, perdu en Afrique. Une étude réalisée par le DRASSM a permis d’identifier l’épave, Le Mauritius, vaisseau de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, échoué au large du Gabon en 1609.

« On doit répondre à une forte demande à l’international. L’une de nos actions consiste à intervenir sur le droit du pavillon - la nationalité de l’épave. Nous avons ainsi obtenu deux accords franco-américains », indique Michel L’Hour. La Belle, disparue en 1686 a été découverte au Texas, dans le Golfe du Mexique. Les recherches, auxquelles ont participé les spécialistes du DRASSM, ont permises aux autorités américaines de reconnaître à la France la pleine propriété de l’épave. Le Griffon, construit par l’explorateur français Cavelier de la Salle est perdu sur le lac Michigan en 1679. En 2009, à l’issue des négociations, l’Etat du Michigan s’est rendu aux arguments présentés par la France et a reconnu ses droits sur l’épave.

La demande en termes de formation de spécialistes de l’archéologie sous-marine est immense. De nombreux Etats affirment le souhait de sauvegarder et valoriser leur patrimoine maritime immergé. La France, dont le rôle pionnier dans la discipline est reconnu de tous, est constamment sollicitée. « On a reçu récemment une forte délégation de Chine continentale. Nous avons également formé des chercheurs chiliens pendant un an. Une délégation taïwanaise est venue la semaine dernière pour engager un processus de formation. Notre objectif : la création, à l’horizon 2013, d’un centre international de formation à l’archéologie sous-marine », prévoit Michel L’Hour.

Le vaisseau L’Archéonaute, compagnon de plusieurs générations d’archéologues sous-marins, sera bientôt remplacé par un nouveau bâtiment, mieux armé pour relever les nouveaux défis et affronter l’exploration des grands fonds. Nommé André Malraux, il verra le jour en 2012.

Dernière modification : 02/05/2011

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