Martine Roussel, une femme au service des enfants et de la science

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Martine Roussel est une femme passionnée. Sans une minute pour souffler, elle enchaîne ses recherches sur le cancer, ses participations à des associations de coopération scientifique franco-américaines, ses passions étonnantes et diverses.

Profitant de quelques minutes de répit dans un emploi du temps surchargé, elle nous décrit le parcours vagabond qui l’a menée jusqu’à Memphis, Tennessee. Après une enfance passée en Afrique, Martine Roussel obtient un doctorat en biochimie à l’Université de Lille. Immédiatement après, elle part découvrir l’Amérique, en rejoignant le prestigieux Institut National de la Santé (National Institute of Health) à Washington D.C. En 1983, elle décide de se sédentariser pour de bon à Memphis, dans le Tennessee, pour apporter sa pierre à l’édifice de l’Hôpital pour Enfants St. Jude.

Cet hôpital est unique aux Etats-Unis : spécialisé dans les cancers des enfants, il est totalement gratuit pour les patients, et fonctionne grâce aux dons qui lui sont adressés. C’est aujourd’hui un organisme reconnu au niveau mondial, nous dit Martine Roussel : « Au départ, St. Jude était une petite structure. Maintenant, c’est la deuxième organisme caritatif derrière la Croix Rouge en termes de levées de fonds ».

Cette dimension humanitaire pour la gratuité des soins, ainsi que la renommée internationale de l’hôpital dans la recherche contre le cancer, ont convaincu Martine Roussel de rejoindre cet hôpital : « Ce qui me fait me réveiller chaque matin, c’est la liberté scientifique que j’ai pour mes expériences, une équipe dynamique et sympathique, et l’espoir de trouver de nouvelles thérapies », nous confie-t-elle.

Mais ce sont aussi les charmes de Memphis et du Tennessee qui ont su retenir si longtemps Martine Roussel dans le Sud-est : « Ce que j’aime à Memphis, c’est la facilité de vivre. Les gens sont gentils et accueillants, la ville offre plein de possibilités : des musées, de l’animation, mais aussi les lacs de l’Arkansas pas loin. C’est une vraie richesse ». Fan du blues qui a fait la renommée de la ville, et de l’art de vivre si particulier du vieux Sud, Martine Roussel trouve son équilibre dans ce milieu, où la quiétude se mêle au dynamisme naturel de cette femme.

Cette inclination pour le Tennessee n’empêche pas Martine Roussel de garder de très nombreuses attaches en France : au centre des échanges scientifiques entre la France et les Etats-Unis, deux pays à la pointe de la lutte contre le cancer, elle participe à plusieurs organismes de coopération scientifique en France, comme Eurocancer et Conticanet. Elle gère également le programme d’échange de St. Jude avec l’Université Paris VII. Amoureuse des deux pays, Martine Roussel a choisi de ne pas choisir entre les deux, et de continuer à profiter de « la liberté et des moyens uniques dont elle dispose pour mener ses recherches aux Etats-Unis », et de « l’environnement à taille humaine de la France ». A son niveau, elle contribue ainsi à rapprocher les deux pays.

Cependant, sa passion pour la recherche, qui s’est traduite par d’importantes avancées dans la lutte contre le cancer, ne pouvait suffire à remplir la vie de Marine Roussel. Pour canaliser son hyperactivité, elle alterne moments calmes et créatifs (tapisserie dans le style du XVème siècle, jardinage), et dépense d’une énergie à fleur de peau (bodybuilding).

Martine Roussel est ainsi un personnage dual, paisible et énergique, scientifique et un peu artiste, Française et Américaine. Cette dualité prend vie et s’unit pour former un personnage entier, heureux, et engagé dans la lutte contre le cancer pour les enfants et pour la science.

Dernière modification : 21/03/2011

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