Bébé double espoir et "savior sibling"

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Introduction
Alors que le premier « bébé médicament », aussi appelé « bébé double-espoir » est né le 26 janvier dernier en France, le premier « savior sibling » est né en août 2000 aux Etats-Unis. Son nom est Adam Nash et les docteurs avaient utilisé du sang extrait de son cordon ombilical afin de sauver sa sœur, Molly atteinte de l’anémie de Fanconi (petite taille, malformation congénitale, signes cutanés).
En 2004, on dénombrait cinq bébés double-espoir aux Etats-Unis, conçus pour palier à des maladies comme les leucémies ou les anémies. Alors que cette pratique a été autorisée en 2006 en France, on estime à 200 le nombre de couples français pouvant en bénéficier.

Les techniques utilisées
La technique est assez simple. Tout d’abord une fécondation in vitro est nécessaire afin de féconder les spermatozoïdes du père avec les ovules de la mère. Cette fécondation est une technique de procréation médicalement assistée tout comme l’insémination artificielle ou la fécondation par micro injection._
Les embryons obtenus contiennent des cellules qui vont être prélevées afin de déterminer la carte génétique de chaque embryon. A partir de ces cartes génétiques, un diagnostic pré-implantoire va être pratiqué : les embryons portant la maladie génétique et les embryons qui ne sont pas compatibles avec le frère ou la sœur à soigner vont être écartés. Une fois que l’embryon sain et compatible est sélectionné, celui-ci est implanté dans l’utérus de la mère. Des cellules souches du cordon ombilical seront alors prélevées lors de l’accouchement et seront conservées pour être plus tard administrées au frère ou à la sœur à sauver. Les cellules greffées auront pour but de remplacer les cellules malades.

Les cellules souches
Les cellules souches peuvent provenir du sang du cordon, mais aussi de la moelle osseuse. La greffe du sang du cordon a pour avantage de nécessiter une compatibilité moins parfaite et donc un don plus élargi entre donneur et receveur qu’une greffe de moelle osseuse.
Le sang du cordon ombilical est riche en cellules souches qui présentent l’avantage d’être pluripotentes : elles prolifèrent et se transforment en tout type cellulaire [1] d’un organisme. D’autre part, ces cellules sont aussi hématopoïétiques, c’est-à-dire qu’elles peuvent se transformer en tout type de cellule du sang. Une fois ces cellules souches pluripotentes et hématopoïétiques retirées du cordon ombilical, celles-ci vont être injectées à l’enfant malade. Les cellules souches infectées vont migrer naturellement vers la moelle osseuse et vont remplacer les cellules portant une mutation génétique de l’enfant malade. Par la suite, les cellules sanguines et immunitaires de l’enfant seront alors dépourvues de toute mutation génétique et l’enfant ne sera plus malade.

[1] Trois types cellulaires existent : cellules d’un des trois feuillets embryonnaires (ectoderme, mésoderme et endoderme), cellules du trophectoderme ou cellules germinales.

Sources :
http://news.doctissimo.fr/cinq-bebes-medicaments-nes-aux-etats-unis_article63.html
http://ourethicaljourney09.blogspot.com/2009/06/ivfpgd-and-bone-marrow-transplant-risks.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pluripotence
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/15/l-enfant-du-double-espoir-n-est-pas-un-bebe-medicament_1480262_3232.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110208.FAP4756/naissance-du-premier-bebe-medicament-en-france.html
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/08/97001-20110208FILWWW00700-bebe-medicament-berra-choquee.php

Cet article a été rédigé par Johanna Ferrand : deputy-sdv.at@ambascience-usa.org

Dernière modification : 02/05/2011

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