John McIntyre ou la destinée d’un caméléon international

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Dans l’imaginaire collectif, le caméléon est connu pour sa faculté à changer de couleur en fonction de son environnement, ou plus exactement à s’adapter à celui-ci. Une description qui correspond parfaitement à John McIntyre, dont le nom à consonance irlandaise cache aussi un méridional originaire du Sud de la France qui est reconnu et apprécié des deux côtés de l’Atlantique.

Né à Lyon, John McIntyre a ensuite grandi à Bordeaux avant de terminer ses études secondaires à Paris et à Memphis, dans le Tennessee. Sa fibre internationale s’est développée très tôt au gré des postes de son père adoptif, officié de marine dans l’U.S. Navy, qui l’a notamment amené à découvrir l’Italie et la ville de Naples qu’il affectionne tout particulièrement.

Son parcours académique le conduira d’abord à fréquenter les universités floridiennes, la renommée Université McGill de Montréal, celle de Strasbourg, puis l’Université Northeastern de Boston et enfin l’Université d’Etat de Géorgie (UGA) où il obtiendra un doctorat de gestion internationale sous la direction du doyen et ancien Secrétaire d’Etat américain Dean Rusk, « une figure considérable de l’époque ». Aussi, John McIntyre ne pouvait-il imaginer à ce moment-là qu’il deviendrait quelques années plus tard un professeur émérite de Georgia Tech, l’autre grande université de la région et « rivale » historique d’UGA.

Ses débuts professionnels sont eux-aussi placés sous le sceau des relations internationales. Ainsi en véritable polyglotte, il commence au Royaume-Uni en tant que représentant de groupes d’imprimerie français pour le marché du Commonwealth, puis en Italie comme directeur adjoint des relations publiques chez Firestone-Brema et, en 1981, il devient professeur à Georgia Tech, place qu’il occupe toujours avec une grande fidélité.

En plus d’être un parfait caméléon, John McIntyre est aussi un pionnier frôlant l’hyperactivité ! Dans les années 70, il se passionnait déjà pour les droits de l’homme et le droit international public avant de s’intéresser au management international et aux échanges commerciaux dans le cadre d’une « mondialisation forcément impactée par le contexte propre à la Guerre Froide ». Ne considérant rien comme étant acquis, il cherche sans cesse à améliorer et à actualiser ses connaissances car « le monde tourne à une vitesse folle » et « il faut s’accrocher pour pouvoir le suivre ! ».

Aussi en 1993, il crée au sein de Georgia Tech, le CIBER (Center for International Business Education and Research) qui est aujourd’hui reconnu comme un centre d’excellence sur les thématiques de la globalisation, les multinationales, les marchés émergents ou encore le développement durable. En outre, il a également contribué à développer de nombreux partenariats d’échanges, avec notamment des écoles françaises qui ont débouché sur une soixantaine de bourses d’études et stages en entreprises américaines pour des jeunes étudiants français.

Fort de ses expériences profondément éclectiques, John McIntyre a su concilier ses responsabilités universitaires avec les besoins du monde des affaires. A ce titre, il exerce de nombreuses activités de consultant en développement international, stratégie et investissements à l’étranger auprès d’entreprises et organismes européens, canadiens et japonais. En 1988, il est nommé Conseiller du Commerce Extérieur de la France et est Président de la Section CCE du Sud-est américain de 2000 à mai 2010, dont il est resté le Président d’honneur et le Secrétaire général. En avril 2009, il est fait Chevalier dans l’Ordre National du Mérite pour les services rendus à la Nation.

Pleinement impliqué dans la vie sociale et économique de sa ville d’adoption, John McIntyre a vu grandir et se transformer Atlanta depuis les années 80, « la ville du Phoenix » comme il aime à l’appeler. Ainsi, il a par exemple occupé les fonctions d’administrateur de la Chambre de Commerce franco-américaine et de l’Alliance française d’Atlanta pendant près de sept ans, et, depuis 2004, il est également administrateur du World Trade Center d’Atlanta et membre du Conseil Scientifique du Centre de l’Union Européenne en Géorgie (l’Union Européenne, un autre thème qui lui est cher !).

Son activité débordante l’amène parfois à imaginer quelle pourrait être sa retraite et dans cette optique, couler des jours paisibles dans la Drôme ne serait pas pour lui déplaire, plus particulièrement dans le petit village de Saint-Vincent de la Commanderie d’où est originaire sa famille maternelle… A peine le temps d’y penser qu’un nouveau séminaire l’attend déjà. Décidément John McIntyre n’est pas un caméléon très oisif !

JOHN MCINTYRE SOUMIS AU QUESTIONNAIRE DE BERNARD PIVOT :
- Votre mot préféré ?
WA qui signifie « harmonie » en japonais (l’harmonie dans la vie, dans la société, la famille).
- Le mot que vous détestez ?
Guerre car profondément injuste même si ça peut paraître évident !
- Votre drogue favorite ?
Le chocolat chaud et si en plus il est péruvien…
- Le son, le bruit que vous aimez ?
Le piano.
- Le son, le bruit que vous détestez ?
Le vrombissement des réacteurs d’un avion.
- Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?
Le mot de Cambronne.
- Un homme ou une femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
Simone Weil.
- Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?
Cantonnier, il faut avoir les épaules pour !
- La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ?
Un pin des Landes, en souvenir à mes jeunes années passées dans la région.
- Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ?
« Que Pascal avait raison ! » (en référence au Pari de Pascal)
- Les trois auteurs ou penseurs qui vous ont le plus marqué ?
Raymond Aron (j’ai ses mémoires toujours à portée de main), Samuel Huntington (le parangon du réalisme dans les relations internationales) et René Cassin (que j’ai eu le grand honneur de rencontrer à la fin de sa vie).

Dernière modification : 21/03/2011

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