Corinne Gaynard Mills, nouvelle consule honoraire de France à Charleston

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Le 25 juin, Corinne Gayard Mills, professeur de français au lycée Wando High School de Charleston, a été nommée officiellement consule honoraire de France en Caroline du Sud. Par cette décision, les autorités françaises confirment toute l’importance qu’elles accordent à la communauté française de Charleston.

Son titre nouveau, Corinne Gayard Mills ne le considère pas comme un aboutissement : “Devenir consule honoraire est un honneur exceptionnel. C’est un encouragement à continuer dans cette voie. Ce titre doit servir comme un repère, pour les Français nouveaux arrivants, mais aussi pour les Américains désireux d’échanger avec nous”.

Corinne Gayard Mills a d’ailleurs d’ores et déjà quelques projets en tête, notamment en matière d’échanges scolaires : “Les étudiants de la faculté de médecine de Lyon peuvent venir passer un an en Caroline du Sud. Il faudrait faire de même dans l’autre sens, de manière plus globale”, en s’appuyant par exemple sur le jumelage entre Charleston et la ville française de La Rochelle. “Envoyer un jeune Américain en Europe, et un Français aux Etats-Unis, c’est de chaque côté leur ouvrir les yeux sur deux grandes portes du monde”.

Originaire d’Annecy, en Savoie, Corinne Gayard Mills est elle-même arrivée à Charleston en 1976 comme jeune fille au pair, initialement pour quelques mois. Nous sommes en 2010 et hors de question pour elle de quitter la Caroline du Sud. A l’époque, elle rejoignait son frère, Christophe, qui se lançait dans une carrière militaire américaine au sein de l’école de Citadel. A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, leur mère alors âgée de 18 ans, enthousiasmée par l’arrivée des troupes américaines et canadiennes, avait quitté la ville de Limoges pour travailler à l’Ambassade du Canada à Paris. Puis elle s’était occupée du Comité France-Canada à Annecy, avant de présider le Comité France-Etats-Unis. “Cet attrait pour l’Amérique nous vient donc de notre mère. Nous avons été élevés par cette génération de Français reconnaissants au continent américain” confie la nouvelle consule honoraire de France en Caroline du Sud.

C’est en 1979 que Corinne Gayard Mills reprend ses études sur le territoire américain ; elle se spécialise en grammaire française et obtient son certificat pour l’enseignement. Interrogée sur le choix de ce cursus, sa réponse mérite d’être soulignée : “Peu à peu, j’ai senti que lorsque je parlais français... je commençais à chercher mes mots ! En toute franchise, j’ai pris peur. Il fallait réagir, trouver un moyen de préserver ma langue maternelle, tout en continuant à me plonger dans la culture américaine”. Durant vingt-deux ans, Corinne Gayard Mills enseigne alors au lycée Bishop England High School, avant de rejoindre le lycée Wando High School, école publique située sur le magnifique Mount Pleasant et ses hautes maisons du Sud typique. De fait, demandez aux Américains qui ont étudié le français à Charleston quel était le nom de leur professeur : ils vous répondront “Corinne Gayard Mills !”

Depuis de nombreuses années, Corinne Gayard Mills est également membre de l’Alliance française de Charleston, dont elle est désormais vice-présidente, chargée notamment de coordonner les cours de français dispensés tout au long de l’année et ouverts à tous. Aux côtés de Josette Sharwell, elle s’occupe aussi du comité du Festival du film français, avec le concours de l’Association américaine des professeurs de français.

Passionnée et intarissable, Corinne Gayard Mills l’est sur un sujet en particulier : “le morceau de paradis qu’est Charleston”. “Epargnée par la Guerre de Sécession, parcourue facilement à pieds, c’est une ville qui a une âme” souligne-t-elle. “Dans les premiers mois de mon arrivée, lorsque je sentais monter un brin de nostalgie, j’allais marcher dans le centre de Charleston, et rapidement le lien entre l’Europe et les Etats-Unis me paraissait de nouveau naturel, évident même”. De par sa communauté huguenote, Charleston est d’ailleurs très liée à la France, et bon nombre de noms de famille (Gayard, Porcher, Ravenet...) viennent rappeler cette filiation.

La mission de la nouvelle consule honoraire vient de commencer. Et plus que jamais, elle a le sourire aux lèvres. “Vive la différence” conclut-t-elle, un exemple à l’appui : “Pour le premier cours de chaque année, j’écris une division au tableau. Les élèves sont intrigués, s’imaginent qu’ils se sont trompés de classe... Mais mon but est tout simple : cette division, je la fais à la manière française. Puis j’écris la même chose selon la méthode américaine. Le résultat est semblable, seule diffère la pensée pour y parvenir. C’est tout le but de ce que je veux leur apprendre : apprécier la diversité qui s’offre à nous pour franchir un obstacle”.

Dernière modification : 21/03/2011

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