Monique Seefried et la passion de l’enseignement

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Monique Brouillet Seefried est l’incarnation même du cosmopolitisme. Française née en Tunisie, elle passe de nombreuses années en Italie, en France, en Autriche où elle rencontre son mari, puis en Allemagne. De ces expériences à l’étranger, elle développe une incroyable ouverture d’esprit et surtout un goût pour la diversité et la culture de la différence.

Il y a plus de trente ans, la vie l’emmène à Atlanta où elle décide de se mettre au service des autres dans deux domaines qui lui sont chers : l’histoire et l’enseignement. Elle commence tout d’abord par donner des cours sur l’art islamique et l’archéologie ancienne en tant que professeur auxiliaire au département d’histoire de l’art de l’Université d’Emory. Ensuite, elle devient conservatrice du département des arts proche-orientaux au Musée Michael C. Carlos. Enfin, en 1999, elle lance la création de CASIE (Advancement and Study of International Education), centre pour le développement et l’étude de l’éducation internationale.

CASIE n’est ni plus ni moins que le centre à l’origine du succès du programme du Baccalauréat International (IB) dans l’état de Géorgie. Si avant sa création, seuls une dizaine d’établissements proposaient ce programme en Géorgie, ils sont maintenant une cinquantaine. CASIE permet en effet une formation des professeurs sur place. Son succès est tel que près de 1500 professeurs bénéficient des cours proposés par CASIE chaque année. « L’enseignement que j’ai reçu dans les lycées français à l’étranger, avec ses étudiants de tous horizons, ne m’a pas seulement apporté une rigueur académique mais aussi un contact avec de multiples cultures […] Derrière l’IB, il y a cette culture de la diversité et du respect de l’autre qui m’est chère et que j’ai souhaité promouvoir » nous dit Monique.

Les circonstances qui l’ont amenée à se lancer dans ce projet ambitieux sont originales. Après quelques années dans le Peach State, Monique décide de se remettre à l’enseignement. Elle reprend alors ses études pour obtenir un certificat lui permettant d’enseigner dans l’état de Géorgie. Cependant, en dépit d’un doctorat avec la mention summa cum laude de la prestigieuse Université de la Sorbonne, Monique n’arrive pas à faire valoir l’équivalence de ses diplômes. « Si je ne peux pas enseigner, je vais me lancer dans la formation professionnelle des enseignants », déclare Monique qui, à l’époque, contrariée par ces déboires, ne se laisse pas abattre.

La passion de Monique pour l’enseignement remonte à l’enfance. Son grand-père était instituteur dans une petit village de France. « Au début du 20è siècle, l’instituteur donnait classe aux enfants de 6 à 10 ans et était tout pour ses gamins » nous dit-elle. De plus sa mère a dû très jeune renoncer à l’école afin de travailler, expérience qui lui a enseigné la valeur de l’éducation.

Parmi les nombreux signes de reconnaissance que Monique a reçus au cours de ces dernières années pour son travail remarquable en faveur de l’apprentissage, notamment des langues étrangères, elle a été élue Présidente du Conseil de fondation de l’IB en mai 2003. Elle a également été nommée Chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2008.

Polyglotte – elle parle en effet huit langues - Monique n’en oublie pas ses racines. A la question « Quelle est la langue utilisée à la maison », elle répond sans hésitation « Le français bien sûr ! ».

Dernière modification : 21/03/2011

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