Gisèle Person, la glaneuses de rêves

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Curatrice à Atlanta, Gisèle Person a voyagé aux quatre coins du monde grâce à sa passion pour l’art. Il suffit de l’écouter pour comprendre que très tôt sa vie prend un tournant lorsqu’en 1940 la famille Person se voit obligée de fuir l’armée allemande pour survivre. C’est aux détours de rencontres et d’une riche personnalité que Gisèle s’est forgée, malgré elle, un avenir et une vie pleine de rebondissements plus inattendus les uns que les autres.

Originaire des campagnes de Seine-et-Marne, Gisèle se souvient de son petit village et de son école : « Nous étions une quarantaine. Il y avait une seule classe et une seule maîtresse. J’étais loin de penser alors que j’épouserai un Américain ! ». Et pourtant, Gisèle épouse bien un militaire américain, avec lequel elle a deux beaux enfants et qu’ elle suit dans ses nombreux déplacements.

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Et l’art dans tout ça ? Par pur hasard durant son enfance, elle s’éprend d’un sentiment unique pour une petite carte postale accrochée sur un mur par sa mère, « Les Glaneuses » de Millet. Voici l’origine d’une vie dédiée tant à l’art qu’aux rencontres et à leur singularité. « Toute ma vie j’ai été emballée par les gens qui ont des dons, par les artistes… » nous dit celle qui par nature aime aider les gens. Il est d’usage de dire que « le hasard fait bien les choses », pour Gisèle le hasard est beaucoup plus que ça, il façonne sa vie.

S’en suit alors des anecdotes toutes plus folles les unes que les autres : côtoyer Jimmy Cliff au Cameroun, être chef scout sur une base militaire américaine à Naples ou encore arriver seule à Beijing en ne connaissant rien de plus qu’un nom d’hôtel. « Vous imaginez ? » nous questionne Gisèle avec des yeux rieurs et illuminés par de tels souvenirs.

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C’est au cours de ses tribulations qu’elle rencontre Louis Durot, sculpteur français. En l’aidant, Gisèle s’est trouvé un artiste, et bien plus que ça un ami, avec lequel elle organise des expositions aux quatre coins de la planète. New York, Los Angeles, Chicago, Miami, Atlanta et même la Chine s’émerveilleront devant les « lèvres » de Durot.

A Atlanta, c’est dans la galerie de Frédéric Payet et Georges Gassou que Gisèle a posé ses toiles et sculptures.

Mis à part l’art, Gisèle a été un témoin privilégié de l’évolution de la société américaine au cours du 20e siècle et jusqu’à aujourd’hui. C’est avec une grande émotion qu’elle se souvient de Martin Luther King Jr, de Kennedy ou encore du 11 septembre. « Jamais je n’aurais pensé voir un afro-américain devenir président des Etats-Unis, c’est formidable ».

En plus d’être un témoin de la société américaine, Gisèle aime aussi partager. Partager ses souvenirs comme ceux de la Seconde Guerre mondiale et du débarquement. C’est ainsi que la petite ville de Smyrna l’a choisie pour participer à la cérémonie du Memorial Day cette année. Encore une œuvre du hasard et de sa curiosité qui la place dans une situation inattendue.

Si le hasard fait bien les choses pour Gisèle, son esprit rêveur lui permet d’avancer : « Nous étions nous-même, Maman, ma sœur et mes frères, des glaneurs. A l’époque qui aurait pensé ?… La vie est une chaîne qui nous prend dans ses engrenages sans que nous ayons le temps de réaliser ou nous allons atterrir… ». Qui sait, la petite fille rêveuse d’alors, inspirera peut être une petite fille rêveuse d’aujourd’hui…

Dernière modification : 21/03/2011

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