Metka ZUPANCIC, la passion des langues

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Professeur de français au sein du département de langues modernes et classiques de l’Université d’Alabama, Metka ZUPANCIC présente un parcours pour le moins atypique. Ayant résidé successivement en Slovénie, en France, en Croatie, au Canada et aujourd’hui aux Etats-Unis, cette amoureuse de la langue française met son vécu au service de ses étudiants et de son objet d’étude, la littérature francophone.

Français, slovène, anglais, serbe, croate, italien, allemand et suédois sont les quelques langues parlées par notre professeur polyglotte auxquelles il faudrait rajouter des notions d’espagnol, de latin et de grec ancien. C’est modestement qu’elle résume cet impressionnant apprentissage : « J’ai la chance d’avoir obtenu le don des langues », et de continuer « mais si je pouvais apprendre toutes les langues du monde, je crois que je le ferais ! ». Cependant, la langue française va tout particulièrement attirer son attention.

Après des études à Ljubljana, en Slovénie, Metka Zupancic obtient un doctorat en littérature générale et comparée à l’Université de Strasbourg. Si la littérature française la fascine, c’est à travers une approche nouvelle qu’elle l’analyse : la mythocritique.

La mythocritique a été théorisée par le sociologue français Gilbert Durand et pose le « mythe », l’imaginaire comme paradigme profond de la pensée humaine. L’étude du mythe dans la littérature permet ainsi une analyse particulière du réel, de notre société. Dans la lignée de la mythocritique, Metka focalise son travail sur la littérature féminine. En effet, elle y retrouve un « potentiel d’analyse immense et une vision du monde différente ». Tout comme le yoga, autre passion de notre professeur, elle voit ces écrits comme « un moyen de se percevoir et d’ouverture de la pensée ».

Metka Zupancic déclare se voir comme « celle qui amène une autre vision ». Toutefois, à travers les interactions avec ses étudiants, elle prend conscience de l’évolution du temps et du monde : « Je ne me fais pas d’illusion, je suis issue d’une autre génération, je viens d’une autre époque avec d’autres valeurs, c’est pourquoi il ne faut pas que je devienne une sorte de missionnaire. Le monde a changé et il faut qu’on change de fait ». La notion de temps semble dès lors centrale. Les étudiants d’aujourd’hui recherchent, d’après Metka, « la gratification instantanée », ils se trouvent dans le temps immédiat et oublient de se donner une période d’appropriation des connaissances.

Là est toute sa bataille. Elle cherche à inculquer cette rigueur intellectuelle qui caractérise si bien son approche.

En mars 2008, Metka Zupancic connaît ce qu’elle définit comme « l’accomplissement de ma vie ». Elle est nommée Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques. Cette distinction représente pour Metka Zupancic « un désir profond et inconscient » et la reconnaissance d’un travail réalisé dans l’ombre depuis de nombreuses années. « C’est comme si les palmes avaient été une main bienveillante pour moi et mon travail, c’est une joie inouïe ! », et toute en émotion de continuer, « je voulais hurler ma joie au monde entier ! ». Plus qu’un travail, cette décoration récompense une Femme qui considère la langue française comme sa langue maternelle et décortique la littérature francophone de manière nouvelle.

Metka Zupancic a trouvé son équilibre personnel et intellectuel au sein de l’Université d’Alabama, elle résume en une phrase sa démarche et la suite de son cheminement : « Si au bout d’un moment, je sens que j’ai donné ce que j’ai pu donner et reçu ce que j’ai pu recevoir, alors je me lancerai dans une autre direction ».

Dernière modification : 20/05/2013

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